Et si certaines familiales blessaient les femmes musulmanes au lieu de les protéger

 

Certaines femmes musulmanes ne souffrent pas seulement de leurs blessures. Elles souffrent aussi des croyances culturelles qu’on leur a présentées comme étant des vérités religieuses.

Dans beaucoup de familles musulmanes, certaines phrases sont répétées depuis des générations.

Elles semblent normales. Elles semblent religieuses. Elles semblent protectrices.

Mais parfois, elles blessent, culpabilisent, enferment et transmettent des schémas douloureux.

CROYANCE N°1 : Les parents ont tous les droits sur leurs enfants.

Non. En Islam, être parent est une responsabilité immense.

Les parents ont des droits, oui. Mais les enfants aussi ont des droits : être respectés, sécurisés, considérés, écoutés, aimés, protégés et éduqués avec justice.

Quand la religion est utilisée pour faire taire la douleur d’un enfant, ce n’est plus de l’éducation.

C’est une confusion entre autorité, domination et responsabilité. C’est une forme d’injustice.

CROYANCE N°2 : Une femme doit se marier à tout prix. 

Certaines femmes grandissent avec l’idée qu’à partir d’un certain âge, elles perdent leur valeur.

Dans certaines cultures, on définit à un moment donné que la femme est « périmée » et que plus elle attend et plus aucun homme ne voudra d’elle alors elle doit « s’estimer heureuse » si un homme s’intéresse à elle même s’il ne prie pas ou même s’il a certains travers, par exemples.

Alors beaucoup finissent par croire qu’elles doivent accepter n’importe quelle relation juste pour ne pas rester célibataires.

Le mariage est une responsabilité et une amana. C’est un engagement qui demande foi, maturité, compatibilité, respect et sécurité.

Le mariage n’est pas censé être une fuite de la honte sociale … et amener des femmes à le ressentir ainsi est une forme d’injustice.

CROYANCE N°3 : Si ton mari te fait souffrir, patiente : c’est ton destin. 

La patience n’a jamais été une autorisation à normaliser l’injustice.

Oui, la patience est une qualité immense.

Mais la patience ne veut pas dire s’effacer, se taire devant l’abus et encore moins à renoncer à ses droits. Allah nous demande de patienter dans des situations qui permettent d’être patiente mais face à l’injustice, Allah ne nous demande pas de nous taire avec passivité.

Faire valoir ses droits, même dans son couple, est un devoir pour toute femme ainsi que pour tout homme. C’est doublement traumatisant de dire à une personne qui est persécutée dans son couple d’accepter la violence et de la normaliser.

Une femme musulmane peut chercher la paix, préserver son foyer, demander conseil, faire preuve de sagesse et reconnaître aussi qu’une situation est injuste ou destructrice.

CROYANCE N°4 : Le mariage va le/la réparer.

La croyance que le mariage peut « réparer » quelqu’un et/ou peut être la solution à son mauvais comportement ainsi qu’à ses addictions est dangereuse. Si une personne ne se repent pas sincèrement et si elle n’entreprend pas un sérieux travail sur elle-même, les mauvais comportements et les addictions se poursuivront … même dans la vie de couple.

Le mariage ne répare pas une personne qui refuse de se remettre en question.

Par contre, il peut révéler les blessures, les comportements, les manques de maturité, les émotions refoulées et les schémas répétées.

Mais il ne remplace ni le repentir sincère, ni le travail sur soi, ni l’éducation spirituelle, ni les compétences relationnelles.

Se marier avec quelqu’un dans l’espoir de sauver une personne peut transformer le couple en lieu d’épuisement. Et c’est une forme d’injustice.

CROYANCE N°5 : Si une femme divorce, c’est qu’elle a échoué.

Le divorce est une épreuve c’est vrai mais ce n’est pas une preuve d’échec personnel.

Personne ne connaît réellement ce qui se vit dans l’intimité d’un couple.

Personne ne connaît toutes les paroles, toutes les larmes, toutes les blessures et toutes les nuits d’angoisse qui ont été vécu dans cette vie de couple.

Précisons aussi que personne ne sait toutes les tentatives invisibles de réparer la relation sans y parvenir avec la frustration, la culpabilité, la colère et la tristesse que ça a généré.

Allah sait ce que les gens ne voient pas.

Stigmatiser le divorce peut maintenir des femmes et des hommes dans des relations abusives et donc dans des situations qui les détruisent intérieurement. C’est une forme d’injustice aussi.

Ces croyances ne sont pas de simples « opinions ».

Elles peuvent façonner la manière dont une femme se voit, ce qu’elle accepte, ce qu’elle normalise, ce qu’elle tait et la façon dont elle comprend sa place devant Allah.

Quand une croyance culturelle produit de la peur, de la honte, de la soumission aveugle ou de l’effacement, il est nécessaire de la questionner.

Le vrai travail n’est pas de rejeter la famille, le mariage, la patience, la croyance au Destin et encore moins notre obéissance à Allah.

Le vrai travail, c’est de distinguer :

– Ce qui vient de la peur
– Ce qui vient d’un trauma
– Ce qui vient de la culture
– Ce qui vient de la religion
– Et ce qui vient d’une mauvaise compréhension de la patience, de la croyance au Destin et de ce que Allah attend de nous réellement.

C’est là que commence la reconstruction.
C’est exactement ce que je veux transmettre dans mon travail : aider les femmes musulmanes à sortir de la confusion, à comprendre ce qui les blesse, et à se repositionner avec foi, clarté et dignité.
Parce qu’une femme peut aimer Allah, respecter sa famille, croire au mariage sans accepter ce qui détruit son cœur.

Articles écrit par

Nadia Hammoudi
Nadia Hammoudi
Thérapeute musulmane

Depuis 2016, je propose des accompagnements thérapeutiques et des formations qui mettent Allah au centre du processus de guérison et d’élévation des femmes en souffrances spirituelles, psychologiques, émotionnelles et relationnelles.

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